C’est quoi la folie?(partie 2)

Ceci est l’entrée du blogue sur ce qui se passait dans ma tête lorsque j’étais en crise. Je n’ai jamais parlé ouvertement de ce que je pensais et je ressentais lorsque j’étais malade. Cela fait 13 ans que ma dernière crise est arrivée donc les souvenirs se sont un peu estompés et je ne me souviens pas de tout.

Habituellement, la crise se déclenchait après un évènement qui était stressant pour moi. Tout basculait rapidement dans l’espace de deux à trois jours. Quand je suis en crise, je n’arrête pas de penser et repenser à des évènements qui se sont produits. J’associe d’autres évènements qui n’ont aucun rapport à ceux-là. Je n’arrête plus de penser à ces évènements et les rejouer et trouver de nouvelles associations que j’en deviens non fonctionnel. Au début de la crise, je suis encore capable de raisonner que ces évènements sont anodins et peu importants dans ma vie, mais je ne peux pas m’empêcher d’y penser tout le temps, les rejouer et trouver de nouvelles associations. Aucun moyen de me changer les idées. J’ai essayé lors de mes chutes précédentes. Cela empire au point que je ne mange plus et je ne dors plus, je ne fais que penser.

Habituellement, quand la crise est bien entamée, je quitte mon appartement pour aller vivre dans les parcs. La raison est que je pensais à tort (peut-être qu’il y a un fond de vérité là-dedans 🙂 ) que je menais une vie choyée et que je n’avais pas besoin de tous ces biens pour vivre. Dans le début de ma vingtaine, je lisais beaucoup de fanzines punks. Il y avait beaucoup d’article sur le «dumpster diving» et autres méthodes de ce genre pour se procurer bien et nourriture quand tu ne travaillais pas. Je pense que cela remontait dans mes idées. Habituellement, je suis très satisfait de mon appartement et de mes biens. Je les apprécie. Je suis quand même un peu bourgeois ce qu’une amie d’époque me disait.

Je ne sais pas que cela s’appelle se prendre pour Jésus, mais, avec le recul, c’est l’impression que cela me donne. Je m’assis dans les parcs et je ne fais que penser à des évènements. Complètement déconnecté de la réalité et de ma réalité. Je n’agis plus comme d’habitude et je fais un peu n’importe quoi. Comme aller demander un verre d’eau dans un dépanneur de quartier à Montréal parce que j’avais soif. Tout déçu de se faire envoyer promener. Il y a une fois que j’étais dans un parc et j’étais à moitié réveillé et un résident du quartier est venu faire japper son chien et lui faire attaquer des branches à côté de moi parce que je le dérangeais dans son parc. Avec le recul, quand j’étais revenu à la normale, j’ai réalisé qu’il y a du monde méchant sur la planète. Le dernier souci du type c’est de ne pas savoir si j’allais bien, mais de me faire partir du parc. Depuis ce temps-là, je fais très attention comment j’interagis avec les itinérants ou personne moins nantis que moi. Quoiqu’ils soient leurs statuts ou leurs états, ils ont le droit de vivre. Je ne dis pas que je donne de l’argent quand ils quêtent, mais j’ose les regarder et leur dire bonjour s’ils me le disent. Je crois plus à donner à des organismes de bienfaisance spécialisés dans ce domaine. Je crois que cela à plus d’impact que donner de l’argent directement aux itinérants. Mon ami, Vincent, quand il vient à Montréal, il amène de la nourriture et des vêtements pour donner. Il n’est jamais resté à Montréal et il vient rarement. J’imagine qu’il n’est pas désensibilisé comme moi qui habite Montréal depuis 1992.

J’ajouterais que je pensais que je faisais de la paranoïa et, après réflexion, je ne pense pas que c’est cela. Je ne pensais pas que tout était complot contre moi. Par contre, avec tous les évènements que je pensais et rejouais dans ma tête, il y en avait certains que je pensais que j’étais visé spécifiquement, mais pas tous les évènements. Dure à dire qu’est-ce qu’est la folie. La seule chose que je peux dire c’est que je rejouais et rejouais des évènements, dans ma tête, tout en faisait de nouvelles liaisons avec d’autres évènements non reliés.

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